Bato.to, le plus grand site de piratage de mangas, fermé définitivement

Le site Bato.to, que l’association japonaise CODA décrivait comme le plus important site de piratage de mangas à l’échelle mondiale, a été mis hors ligne, tout comme une soixantaine de sites miroirs, parmi lesquels mangapark.io et xbato.com. D’après l’organisation, cette fermeture fait suite à une action conjointe impliquant des éditeurs japonais, des partenaires basés en Chine et la police de Shanghai. L’opération aurait été déclenchée après une perquisition réalisée le 19 novembre 2025 dans la région du Guangxi.

Bato.to, le plus grand site de piratage de mangas, fermé définitivement

La personne mise en cause, poursuivie pour des faits présumés de violation du droit d’auteur, a d’abord été placée en détention avant d’être remise en liberté sous caution. Elle aurait reconnu être à l’origine de l’exploitation de l’ensemble du réseau. Les plateformes sont ensuite restées accessibles de façon restreinte afin de conserver les éléments de preuve, avant que leur fermeture définitive ne soit officialisée le 19 janvier 2026.

Créé en 2014, Bato.to proposait la diffusion non autorisée de mangas japonais, ainsi que de manhwa, issus de Corée, et de manhua, provenant de Chine. L’association CODA, qui représente plusieurs ayants droit, indique que ces contenus étaient traduits dans plus de cinquante langues, dont l’anglais, avant d’être mis à disposition d’un public international. Selon l’organisation, le suspect occupait une position clé dans la gestion et l’exploitation du site depuis au moins 2018. Les enquêteurs auraient procédé à la saisie de ses ordinateurs personnels et poursuivent actuellement l’examen des données hébergées sur les serveurs.

Annonce de l'enquête par CODA

Annonce de l’enquête par CODA

CODA est une organisation nippone qui affirme agir contre le piratage tout en soutenant la diffusion des contenus japonais à l’international. Selon ses déclarations, l’affaire a pris une nouvelle dimension après une réunion réunissant cinq grands éditeurs durant l’été 2024, au cours de laquelle Bato.to aurait été désigné comme une cible majeure. En septembre 2025, le bureau pékinois de CODA a déposé une plainte pénale au nom de Square Enix, Kadokawa, Shogakukan, Kodansha et Shueisha. L’organisation précise également avoir collaboré avec China Literature Limited, une filiale de Tencent et un acteur majeur de l’édition numérique en Chine, dont certaines œuvres auraient elles aussi été diffusées sans autorisation.



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Une enquête qui va bien au-delà du site principal

À la suite de la perquisition menée le 19 novembre 2025, CODA indique que certains sites du réseau sont restés accessibles de manière limitée afin de permettre la préservation des preuves. Cette période a été marquée par de nombreux problèmes techniques signalés par les internautes, notamment des pages incomplètes, des images absentes et des erreurs serveur récurrentes. Des messages publiés sur les réseaux sociaux ont ensuite laissé entendre une interruption prochaine des services. D’après CODA, la fermeture complète des quelque soixante sites concernés a été actée au 19 janvier 2026.

L’organisation précise par ailleurs que les investigations ne se concentrent pas uniquement sur l’administrateur principal. CODA affirme avoir repéré d’autres personnes impliquées dans la traduction des contenus et leur diffusion via différents réseaux sociaux, réparties dans plusieurs pays. Les forces de l’ordre continuent d’analyser le matériel et les données saisis afin de mieux comprendre la structure du réseau et le rôle de chacun. CODA dit vouloir s’appuyer sur une collaboration internationale pour poursuivre ses recherches.

De son côté, le site spécialisé CBR rapporte que le groupe sud-coréen Kakao Entertainment, présent dans le secteur des webtoons et de l’édition numérique, a également communiqué sur ses propres initiatives de lutte contre le piratage menées par sa cellule P.CoK. Selon plusieurs sources, des communautés en ligne liées à Bato.to, notamment sur Reddit et Discord, ont annoncé des fermetures ou un accès restreint. P.CoK a déclaré avoir identifié le fondateur du site ainsi que son pays de résidence, où des actions judiciaires seraient en cours. CODA a toutefois précisé que ces démarches étaient indépendantes de la procédure ayant conduit à l’interpellation en Chine.

Capture d'écran de Bato.to avant sa fermeture

Capture d’écran de Bato.to avant sa fermeture

La véritable ampleur du réseau Bato.to

Afin d’évaluer l’envergure du réseau, CODA s’appuie sur des chiffres de fréquentation. L’association indique qu’en mai 2025, l’ensemble des 60 sites aurait enregistré près de 350 millions de visites. Sur une période allant d’octobre 2022 à octobre 2025, le total atteindrait environ 7,2 milliards de visites. À partir de ces données, CODA estime le préjudice économique à près de 770 milliards de yens, soit environ 4,8 milliards d’euros, en se basant sur une valeur théorique par accès. Elle précise également que les recettes publicitaires auraient dépassé 400 000 yuans lors des mois les plus rentables.

Selon CODA, la prolifération des noms de domaine et la fragmentation du trafic ont rendu les mesures de blocage et les poursuites plus complexes, en fonction des juridictions nationales. L’organisation affirme que plus d’un millier de titres appartenant aux éditeurs à l’origine de la plainte étaient disponibles sur Bato.to. Dans ce contexte, CODA présente la procédure pénale comme un message dissuasif adressé aux plateformes de traduction et de diffusion illégales.




À la suite de la fermeture du site, CODA indique avoir observé un impact économique indirect signalé par un acteur du secteur numérique. NTT Solmare, qui gère la librairie en ligne MangaPlaza à destination du marché américain, aurait constaté une hausse immédiate de ses ventes quotidiennes, celles-ci ayant presque doublé après l’arrêt de Bato.to.

Le directeur représentant de CODA, Takero Goto, s’est félicité de cette issue en déclarant que la mise hors ligne de ce qu’il qualifie comme le plus important site de piratage de mangas au niveau mondial, obtenue dans le cadre d’une procédure pénale, marque une étape déterminante dans la lutte internationale contre le piratage. Il a également tenu à remercier les autorités chinoises, le ministère japonais de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie, ainsi que l’ensemble des acteurs ayant participé au bon déroulement de cette opération.

CODA indique continuer ses enquêtes afin d’identifier précisément toutes les responsabilités associées au fonctionnement du réseau.


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