Avec l’essor de l’intelligence artificielle générative, certaines fraudes évoluent et deviennent plus difficiles à détecter. Sur Vinted, une nouvelle méthode d’arnaque se développe : des utilisateurs utilisent de fausses images pour tromper les vendeurs et obtenir des remboursements injustifiés.

Vinted, la plateforme bien connue de vente de vêtements et d’objets d’occasion, est aujourd’hui confrontée à une nouvelle technique frauduleuse. Celle-ci permet à des acheteurs malveillants de conserver les articles reçus tout en récupérant leur argent. Un utilisateur, vendeur sur la plateforme, affirme en avoir été victime et a raconté son expérience sur X le 1er mars 2026.
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Qu’est-ce que l’arnaque au « refund » sur Vinted ?
Dans sa version la plus répandue, le « refund », ou fraude au remboursement, consiste à acheter un produit en ligne puis à réclamer l’annulation de la transaction. Pour cela, l’acheteur prétend ne jamais avoir reçu le colis ou affirme que l’objet reçu est endommagé, incomplet ou contrefait.
Une fois le colis entre ses mains, l’acheteur contacte le service client pour contester la commande. Il peut déclarer une non-livraison ou demander un remboursement sans suivre la procédure de retour officielle. Si la demande est acceptée, il récupère son argent tout en gardant le produit, qu’il peut ensuite revendre pour en tirer un bénéfice.
Des géants du e-commerce comme Amazon, Fnac ou encore Décathlon sont régulièrement confrontés à ce type de fraude. Le volume considérable de commandes rend les vérifications complexes pour les équipes de support. Désormais, ce phénomène ne touche plus seulement les grandes enseignes : les plateformes de vente entre particuliers, comme Vinted, sont elles aussi de plus en plus concernées.
L’IA au service des arnaques
L’utilisateur affirme avoir été victime d’une escroquerie comparable à celles déjà connues sur la plateforme. Mais dans son cas, un nouvel élément entre en jeu : l’utilisation de l’intelligence artificielle générative pour appuyer la fraude.
Voilà pourquoi vous ne devez plus JAMAIS utiliser @vinted. Vraiment. L’acheteuse a ouvert un litige avec une photo générée par IA, et @vinted valide son litige sans la moindre hésitation. pic.twitter.com/vOXR31qRuI
— Paingout (@Paingout) March 1, 2026
Son témoignage publié sur X illustre parfaitement cette évolution des techniques d’arnaque. Le vendeur explique avoir expédié un exemplaire du livre La Cuisine des Sorciers en parfait état, photos à l’appui. Pourtant, peu après la réception du colis, l’acheteuse a ouvert un litige en fournissant une image montrant l’ouvrage complètement détérioré.
La méthode est simple, mais semble redoutablement efficace. Grâce à certains outils d’IA générative, il est aujourd’hui possible de créer des images réalistes en quelques secondes. Des services comme Nano Banana 2, le modèle d’image Gemini 3 Flash accessible aux abonnés, ou encore Sora d’OpenAI permettent ainsi de fabriquer de fausses preuves visuelles capables de tromper le support client d’une plateforme.
Dans ce type de litige, l’acheteur invoque généralement ses droits, notamment lorsque l’objet reçu est jugé endommagé ou mal protégé lors de l’expédition. Dans le cas rapporté par cet utilisateur, une image générée par intelligence artificielle aurait été utilisée pour montrer un livre totalement détruit, posé sur un carton Amazon froissé.
Le vendeur explique avoir rapidement alerté la plateforme en soupçonnant l’utilisation de l’IA. Selon lui, un détail trahissait la manipulation : « le fond sur lequel est posé l’objet est également abîmé de la même façon », ce qui lui paraissait suspect.
Malgré ces signalements, la décision de Vinted aurait été claire. Même si la scène semble particulièrement exagérée, le livre apparaissant littéralement arraché, l’image fournie a été acceptée comme preuve dans le litige. Le service client a finalement donné raison à l’acheteuse, estimant que l’article n’avait « pas été correctement emballé ». Résultat : le vendeur se retrouve sans son livre… et sans son argent.
Ce n’est pas la première fois que des images créées par intelligence artificielle apparaissent sur les plateformes de vente d’occasion comme Vinted, Leboncoin ou eBay. Comme l’ont déjà souligné certains médias, ces visuels servent souvent à alimenter massivement les catalogues avec des articles de « fast-fashion ». Certains vendeurs achètent en effet des produits très bon marché, souvent issus de sites comme Shein ou Temu, puis les revendent bien plus cher en utilisant des photos générées par IA qui mettent artificiellement les articles en valeur.
Mais la situation évolue. L’intelligence artificielle ne sert plus seulement à publier des annonces trompeuses : elle peut désormais être utilisée pour fabriquer de fausses preuves dans des litiges. En générant des images de colis abîmés ou d’objets endommagés, certains fraudeurs cherchent à exploiter les mécanismes de protection des acheteurs mis en place par Vinted. Or, ces procédures reposent souvent sur une analyse rapide, parfois automatisée, des photos fournies lors d’un litige. Pour le moment, les cas signalés restent rares, mais ce type de fraude pourrait se développer à mesure que les outils d’IA deviennent plus accessibles.
Il faut toutefois rappeler que ce genre de pratique n’est pas sans conséquences. Même si certaines fraudes passent encore sous les radars des plateformes, la loi prévoit des sanctions. En France, les pratiques commerciales trompeuses peuvent être punies de deux ans de prison et d’une amende pouvant atteindre 300 000 euros.

Ingénieur en sécurité informatique. Rédacteur pour VPN Club.
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